Le Maroc enfin disposé à exporter ses énergies renouvelables

27
Mai
Le Maroc enfin disposé à exporter ses énergies renouvelables

Le Maroc, qui dispose d’un énorme potentiel en matière d’énergies renouvelables, a mis en place un cadre législatif pour faciliter son exportation vers l’Europe, a affirmé, jeudi à Bruxelles, M. Abderrahim El Hafidi, Directeur de l’électricité et des énergies renouvelables au ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement. 

Intervenant dans le cadre d’une conférence euro-méditerranéenne sur l’énergie, organisée au Parlement européen, le responsable marocain a souligné qu’avec 25.000 mégawatts onshore pour l’éolien et 6,5 kilowatts par m² par jour pour le solaire, le Maroc dispose de l’un des potentiels en matière d’énergies renouvelables, les plus élevés au niveau mondial.

Le marché local ne peut pas absorber toute cette énergie et la meilleure manière de valoriser ce potentiel énergétique est de développer l’exportation, a-t-il indiqué lors de cette rencontre qui a pour thème « Union européenne-Union pour la Méditerranée : un avenir énergétique durable en commun ».

Le Maroc a mis en place « tous les ingrédients nécessaires » pour faciliter et rendre possible cette opération d’export, avec notamment un cadre législatif et règlementaire très attractif, a-t-il dit, ajoutant à cet égard que la Loi 13-09 offre la possibilité d’exporter de l’électricité d’origine renouvelable par l’utilisation du réseau électrique national de transport et des interconnexions.

« Nous sommes en discussions avec nos partenaires européens, notamment allemands, français, italiens et espagnols, qui ont manifesté un intérêt de participer au développement des projets d’exportation, pour identifier un projet concret en vue de tester tous les mécanismes au niveau de l’export : mécanismes contractuels, financiers, juridiques.. », a souligné M. El Hafidi.

Des négociations sont également menées pour trouver les modalités d’application de l’article 9 de la Directive européenne qui permet aux pays de l’UE d’importer de l’énergie verte, notamment des pays de l’Afrique du Nord comme le Maroc, a-t-il ajouté.

Cette opération d’exportation a besoin d’un soutien à tous les niveaux : un soutien politique pour accélérer le processus d’accords intergouvernementaux, et aussi d’un soutien financier, a souligné le responsable marocain.

Le Maroc a lancé le premier projet solaire, qui a eu un succès extraordinaire en matière de procédure, de transparence et de visibilité, a-t-il indiqué, soulignant que le pays, qui dispose d’un savoir-faire à travers les projets déjà réalisés dans les filières éolienne et solaire, veut développer et maitriser cette technologie renouvelable, et s’ouvrir à d’autres marchés qui sont demandeurs de l’énergie comme les marchés africains.

Cette conférence, organisée par le consortium industriel Medgrid, a pour objectif d’ouvrir de nouvelles voies aux échanges d’électricité entre l’Europe et les pays du sud et de l’est de la méditerranée, et accompagner les projets d’interconnexions dans le bassin méditerranéen.

Elle offre également l’occasion pour les différents intervenants de présenter le contexte socio-économique et les enjeux politiques de la coopération énergétique entre l’UE et les pays du sud et de l’est de la Méditerranée, en mettant en perspective les projets d’interconnexions électriques méditerranéennes.

Lancé en juillet 2010, Medgrid est un consortium industriel créé pour promouvoir et faciliter le développement d’un réseau d’interconnexion méditerranéen cohérent avec les ambitions du Plan solaire méditerranéen.

Il associe des partenaires clés des secteurs de la production, du transport et de la distribution d’électricité ainsi que du financement d’infrastructures et des services, et réunit actuellement plus d’une vingtaine d’entreprises d’origine marocaine, égyptienne, syrienne, jordanienne, française, allemande, espagnole et italienne.